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Les Films dans ma TV
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Limguela

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The Strange love of Martha Ivers (L'Emprise du crime), Lewis Milestone.

Eh ben en voilà un film qu'il est bien ! Je m'attendais pas franchement à un grand film, j'ai regardé ça un peu au hasard, et finalement pour moi c'est un beau chef d'oeuvre... curieusement totalement méconnu... Enfin, j'en avais jamais entendu parlé... sauf sans doute dans l'autobiographie de Kirk Douglas que j'ai lu deux fois (he oui il faut la lire, c'est la meilleure du genre à ce qu'il parait^^ : Le fils du chiffonnier), mais ça m'a pas marqué plus que ça... En parcourant wiki, on apprend (même ça j'avais oublié, comme quoi il va falloir que je le relise une troisième fois) que c'était Lauren Bacall, qui avait été une amie d'école de théâtre qui avait proposée son nom pour ce rôle. C'est donc son premier film, c'est n'est pas le rôle principal, mais c'est déjà un rôle très important... on voit rarement ça. D'autant plus que c'est pas vraiment un rôle comme il les jouera pas la suite. Là c'est un type faible...

Enfin bref, c'est pas Douglas qui fait le film. La distribution c'est tout de même quelque chose pour un film si peu connu ! Barbara Stanwyck (Assurance sur la mort, L'Homme de la rue, Ville haute ville basse..), je suis pas un grand fan, mais il faut avouer que là elle est parfaite... Van Heflin (3h10 pour yuma, Shane...) lui en revanche, j'adore : pas vraiment beau avec ses yeux globuleux, mais le public mâle (et j'en suis hun) n'aime généralement pas les bellâtres, parce qu'il a toujours l'impression qu'avec un moche, c'est lui qui va pouvoir partir avec la belle héroïne (ou encore que si lui en étant moche il arrive à se taper la secrétaire, c'est donc que pour lui c'est tout autant facile...) et surtout quelle intelligence de jeu, quelle présence, quelle autorité ! Et puis Lizabeth Scott, qui a les yeux presque aussi shootés que ceux de Lauren Bacall... Pour le scénario, c'est du lourd aussi parce qu'on a Robert Rossen, le réalisateur de l'Arnaqueur ou de Sang et or).

En dehors des acteurs, ce qui est surprenant dans ce film c''est avant tout le scénario et cette histoire qui sort vraiment de nulle part. J'ai jamais vu un truc pareil. Bien sûr c'est un polar, un film noir, mais ça respecte rien de ce qu'on voit dans les autres films du genre. Là, une seule référence, la seule qu'on peut voir véritablement dans la plupart des grands films noirs, c'est Oedipe roi. L'harmatia initial est commis très tôt, et il va conditionner tout le reste du récit. Bien sûr, là les protagonistes sont conscients des évènements (quoi que pas pour tout le monde, ce qui sera à l'origine d'un joli quiproquo sans lequel le film serait tout autre...), mais ça reste le même principe : on fait toute sa vie que récolter les fruits parfois empoissonnés qu'on a semé très tôt dans sa vie... Une fois que votre destin est écrit vous ne pouvez plus rien changer.

Donc je raconte en deux mots (ah ah je sens le tunnel^^).
Tout commence dans les années 20, deux gosses de 13 ou 14 ans fuguent. Mais ils sont vite rattrapé parce que la fille est la nièce d'une riche héritière de la ville. Le garçon lui est un moins que rien. Les flics ramènent la fille chez sa tante, on fait connaissance avec son précepteur et surtout le fils de celui-ci qui a aidé à retrouvé la fille en leur indiquant le lieu de sa cachette... On sent que c'est un petit con, un peu amoureux d'elle^^. La nièce dit à sa tante qu'elle la déteste et file dans sa chambre. Un peu plus tard dans la soirée, son ami se présente à la fenêtre de sa chambre, c'est le fils du précepteur qui lui ouvre. Dehors il y a un orage et il n'y a plus d'électricité et de lumière dans la grande maison. Puis la chat (que déteste la tante) s'échappe de la chambre. La nièce demande à son ami d'aller le chercher, seulement il fait du bruit en descendant les escaliers et la tante vient voir ce qui se passe... Il se cache sous l'escalier, la lumière revient, la tante voit le chat et tape sa crise, la nièce descend accompagnée de fils de son précepteur resté lui dans le salon, la nièce et sa tante se dispute, la nièce prend la canne de sa tante... la tape violemment sur la tête, la tante dégringole des escaliers, inanimée. "Parricide, parricide !"^^ Pendant ce temps son ami a profité de la confusion pour s'échapper de la maison. Le précepteur arrive et en voyant la nièce avec la canne dans la main comprend ce qu'il s'est passé, mais il fait mine de ne pas comprendre et ils mettent tous au point les mensonges qu'ils devront supporter toute une vie : la tante a été tuée par un vagabond qui a pris la fuite.

Vingt ans plus tard. Un homme se trimballe sur les routes de je ne sais quel coin (bah quoi j'ai le droit de pas savoir où c'est^^). Arrive un panneau disant "Bienvenue à Iverstown". Le nom de la ville semble lui être familier ; il est tellement surpris qu'il finit sa route dans un arbre... Pas de gros dégâts, mais il va dans la ville pour faire réparer son auto. Très vite on comprend qu'il s'agit du jeune ami de la nièce qui s'était échappé le soir du meurtre. Il n'avait pas prévu de s'arrêter dans cette ville qu'il a connu autrefois, mais il veut en profiter pour revoir un peu du pays. Le rôle est joué par Van Heflin. Il fait la connaissance d'une jeune femme qui s'apprête à quitter la ville et qui attend un taxi et craint d'arriver trop tard pour son train, qui doit l'amener loin loin... Ils échangent des cigarettes, Heflin lui raconte comment il a atterri là, la fille (Lizabeth Scott) n'en dit pas assez... Toutefois, c'est quasi le coup de foudre. Helfin l'accompagne à la gare, mais elle arrive trop tard, ils vont aller dans le même hôtel, avec des chambres adjacentes, comme c'est intime^^.

La même nuit, le récit vient cette fois sur le couple Douglas-Stanwyck. Le fils du précepteur est devenu procureur et s'est mariée à la riche héritière de feu "la tante qui n'aime pas les chats". Les deux complices se sont mariés, c'est plus pratique... Quand on a un vice, un secret en commun, autant le partager ensemble pour éviter de prendre le risque qu'il s'ébruite. Pas vraiment un mariage d'amour, mais un marquage à la culotte. Le ton est donné : Douglas nouvellement nommé à je ne sais quel poste, à déserté la fête en son honneur et est venu se réfugié dans la vieille baraque d'autrefois, là où il vit encore avec sa femme. Il est saoul (comme il le sera le trois quart du temps), sa femme lui fait une scène et blablabla...

Au matin, les flics arrivent dans la chambre de Heflin, sa poule est partie en laissant un mot : elle ne souhaite plus partir et est allée revendre son billet... Elle revient qu'elle lui écrit... Mais les flics viennent juste le prévenir qu'elle sort de prison, qu'elle est en liberté conditionnelle et qu'elle devait prendre ce train... et donc qu'ils l'ont remise en prison. Heflin qui sait que son ami d'enfance, le fils du précepteur est désormais procureur décide alors de lui rendre une petite visite pour qu'il fasse jouer son réseau pour que sa dulcinée puisse sortir de la taule... Il le trouve dans son bureau à boire un ou deux verres "woah 20 ans qu'on ne s'était pas vu !" Stanwyck arrive (ça arrive ça les femmes qui vont voir leur mari au boulot ?^^) grand moment de retrouvailles : Douglas voit se reformer sous ses yeux les anciens amoureux, ceux qui voulaient quitter la ville ensemble... Douglas dit qu'il va l'aider mais il sent déjà qu'il y a quelque chose de louche derrière tout ça. Il s'imagine avec sa femme que Heflin revient pour leur faire du chantage, ayant été témoin du meurtre de la tante... (alors que nous on sait bien que s'il est là, c'est juste le fruit du hasard)

Voilà, ça c'est le point de départ. Ensuite, Stanwyk cherche à se rabibocher avec Heflin, Douglas qui a lancé les détectives privés pour en savoir plus sur son ancien ami, apprend que sa femme cherche à retenir son ancien amoureux dans la ville... Alors Douglas profite du fait que Heflin lui ait demandé de faire sortir sa copine pour le faire partir : il fait un deal avec elle. Elle accepte de jouer un rôle dans lequel Helfin croira s'être retrouvé embarqué dans une histoire de couple, Lisabeth étant mariée à un type... Bref, je rentre pas dans les détails... Des flics déguisés en méchants garçons, travaillant pour Douglas, jouent leur rôle, et Heflin finit au bord de la route, en dehors de la ville, quelque peu amoché. Seulement dans la bagarre, il a arraché en insigne de policier qu'un type cachait certainement dans une poche (c'est malin !^^). Du coup, il revient en ville, ayant compris qu'il y avait quelque chose de louche là-dessous. Il retrouvera la fille, lui pardonnera d'avoir participé à ce petit jeu, mais compte bien découvrir pourquoi Douglas veut tant qu'il quitte la ville. Il va les voir, et il comprend qu'ils pensent que sa présence en ville n'était pas du tout un hasard, sans dire pourquoi. Il se renseigne en ville pour savoir ce qui dans le passé aurait pu leur faire penser qu'il pourrait leur faire du chantage. Et il prend connaissance d'un procès, celui de l'assassin présumé de la tante de Stanwyk, dans lequel curieusement Douglas officiait. Il va voir Stanwyk et il n'a même pas besoin de la menacer pour qu'elle lui propose la moitié de ce qu'elle possède. Il ne fait qu'évoquer le procès, ça suffit... Heflin rentre à son hôtel ou sa poupée l'attend, mais Stanwyk s'invite à la fête et voudrait discuter des modalités de leur arrangement... avec son homme. Ils passent la nuit dans les bois où ils aimaient se cacher enfant et là, Stanwyk avoue avoir tué sa tante. Seul petit problème, Heflin n'était pas au courant et lui faire bien savoir... "Je m'étais enfui tout de suite, il faisait noir..." Stanwyk cherche alors à le tuer, mais comme dans les bons Hitchock, la scène de meurtre se change en scène d'amour. Heflin, le grand paradoxe, et l'une des idées vraiment originale du film, c'est qu'il est un peu encore amoureux d'elle (tout en l'étant aussi de sa poupée qui l'attend à l'hôtel).

A l'aube, la poupée l'a attendu toute la nuit et le voit arrivée raccompagnée par sa belle héritière... gros bisous sur la bouche à la clé. Elle est bonne pour une bonne crise de larme. Heflin : "mince je me suis fait gauler mais qu'est-ce que tu veux, je ne sais pas qui j'aime..."

Un peu plus tard, Douglas, qui s'imagine tout un tas de chose en ne voyant sa femme avoir découché, appelle Heflin, non pas pour lui lancer un duel, mais c'est tout comme : vient chez moi, j'ai un truc à te dire (c'est plus facile si je veux te tuer).

Heflin ne refuse jamais une invitation à dîner. Douglas l'attend bourré, il lui fait des menaces mais rien de bien méchant... jusqu'à ce qu'il se casse la gueule (il est bourré je rappelle)... dans l'escalier (ah ah le symbole). Il est inconscient mais il remue encore. C'est bien le terme. Stanwyk demande à Heflin de finir le travail, mais c'est lui le héros, lui qui n'a rien à se reprocher, ceux qui sont tombés du côté des méchants, ce sont eux, en tuant la tante... donc au lieu d'en finir avec lui au contraire il le soigne. Douglas se réveille et lui dit qu'il a peut-être laisser passer sa chance... Stanwyk les regarde papoter tous les deux puis leur met un feu sous le nez... On se dit qu'elle va hésiter sur qui tirer, ça papote "Elle voulait te laisser crever tout à l'heure" - "Je m'en fiche, à présent, c'est toi qu'elle tient en joug"^^. Mais Heflin la défit de tirer, et il part, lui le héros. Et les laisse à leur emmerdes. Les deux amants sont plus que jamais seuls, ensemble dans leur mensonge et dans leur crime. Stanwyk appuie sur la détente de l'arme que tenait Douglas "pan !", Douglas retourne à son tour l'arme contre lui "pan !". Heflin se retourne : bon débarras^^. Il peut aller rejoindre sa poule.

Trop fort^^.
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Message29 Juil 2008 1:27
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riv'

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Requiem for a dream :

Je voulais le voir depuis pas mal de temps déjà, Lim m'avait donné son avis sur ce topic d'ailleurs.
C'est un film choc, les personnages que nous suivons ont tous des vies de merde, leur seul échapatoire c'est la défonce, ils s'y donnent donc à coeur joie et quand ils n'en ont plus les moyens en subissent les conséquences... Il y a quelques passages qui font mal au coeur (enfin, quand on a un coeur^^), on ressent de la pitié pour les persos.
Le film ne fait pas l'apologie de la cam' et montre ses côtés dévastateurs, on ne voit pas (ou peu) les mecs/filles se piquer ou snifer, mais 4/5 images explicites qui défilent, c'est différent des scènes qu'on peut voir dans d'autres films.
Très bon film selon moi, à voir, mais je pense que c'est surtout la première fois que ça marque.

Je suis une légende :

Mon frère m'en a beaucoup parlé, me disant que c'était vraiment un putain de film, je l'ai donc regardé.
J'aime bien l'atmosphère qu'il y a, un mec seul dans New York qui tente de soigner un virus qui a touché toute la population, qui parle à son chien et aux mannequins du marchand de disques, mais qui est traumatisé de ce qui est arrivé à sa famille.
Il y a une histoire, ce n'est pas juste un film de morts-vivants, c'est cool.
Voila, que dire d'autre, Will Smith tient bien son rôle, c'est pas le film du siècle mais c'est un bon film, à voir. icon_wink.gif


Sinon, quelqu'un aurait-il vu "Hitman" ?
Si oui, ça vaut le coup d'oeil ?
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Le Foot le Samedi pour des stades en vie !!


Message03 Aoû 2008 23:37
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Limguela

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Hitman, c'est nul. Mais peut-être que ton frère à aimé.^^ Chacun ses goûts.

Tu veux pas voir de vieux films ? c'est pas que je veuille t'embrigader hein... mais il y a tellement mieux à faire que de regarder Himan ou Je suis une légende (bon je les ai vu mais moi je suis à la retraite j'ai le temps de tout voir).

J'ai revu Ju Dou et puis :
This Gun For Hire (Le Tueur à gages)Frank Tuttle (1942)

Encore un film avec le couple Alan Ladd Veronika Lake. Les deux se ressemblent tellement que leurs regards pourraient sembler incestueux, ils sont comme frère et sœur. D'ailleurs, il n'est jamais question de sexe ou d'amour entre les deux : Lake est maquée, et on la sent fidèle.

Pourtant c'est bien leur relation le seul intérêt du film. Parce qu'au niveau du scénario et de l'histoire, c'est à voir toujours pour le côté immoral de l'antihéros du genre, et là, Ladd est particulièrement infréquentable, même si le scénario lui donne des excuses... et l'honneur est sauf à la fin, tous les méchants doivent mourir ; parce qu'en revanche, les grosses lignes du scénario, c'est un peu facile. Bonjour les coïncidences invraisemblables... Bref, ça peut avoir son charme aussi, des histoires grossières comme ça, ça fait série B ça c'est sûr^^. Et puis c'est super court (pas dense pour autant) et la mise en scène manque vraiment de relief, même si elle permet déjà d'avoir une ambiance (mais ça, c'est juste au talent des acteurs sans doute, c'est eux qui donnent le rythme).
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Message04 Aoû 2008 0:39
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bandini

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Veronika Lake... J'avais été charmé par la scène où Mrs Lake chante... Ce genre de numéro musical absent d'un film noir, c'est plus la même chose...
Pas un numéro pétaradant, Veronika n'est pas Rita mais qui convient bien aux charmes discrets de Lake (elle n'a même pas l'air consciente de son charme whaouh, tout ce qu'elle veut c'est qu'on lui caresse sa fourrure).



Viens de voir "Pickup On South Street" de Samuel Fuller 1953.

Encore un film à ranger "soufflet qui se dégonfle" sur les étagères (va falloir que j'aille chez casto me racheter des planches^^, c'est la loose en ce moment)

Un film noir où des communistes tentent de mettre la main sur un microfilm contenant les plans d'une formule chimique qu'un pickpocket a volé sans savoir bien sûr dans quel pétrin il s'enlisait. Ce pickpocket, c'est Richard Widmark, belle tronche de noir. Pour reprendre un film où il a joué dans "les Forbans de la Nuit" de Dassin, ça y ressemble un peu avec beaucoup de scènes en extérieurs in the still of the night.où le real a essayé de camoufler les apparences de film de studio (alors que Dassin avait filmé tout ça en plein air).

La photo du film est belle y'a pas à faire la moue, les quelques scènes de pickpocket t'apprennent des trucs pour le métro parisien^^, Jean Peters ok... Widmark comme d'hab... et quand ils se foutent dans la gueule, on a vraiment l'impression qu'ils s'en mettent plein la tronche^^

Comme pour This Gun for Hire, 80min mais c'est pas dense du tout. Les films de propagande, je les aime bien quand ils mettent le pâté avec des ficelles aussi grosses que des baobabs. Là ça se joue sérieux avec des flics qui remettent en cause le patriotisme de Widmark en refusant de céder ce microfilm. Mais c'est pas que ça non plus ce film, c'est avant tout le parcours de personnes perdues : un pickpocket qui s'est déjà fait pincer trois fois et qui retombe dans ses travers, une prostituée...

Tout ce que je retiendrai du film, c'est sa place dans le cinéma...

Parce que ce film j'en avais jamais aperçu des images ni même des bribes de dialogues. Je l'avais dans ma liste sous le titre VF "Le Port de la drogue" sans que je connaisse le titre en VO. Et donc quelle surprise que ce film ne mentionne pas une seule petite fois la drogue !!!

Pourquoi ? Guerre froide, les cocos ont un sacré réservoir de voix à l'époque en France. Ce film arrive en étant précédé d'une réputation de film anti soviet... C'est simple, ils ne se sont pas emmerdés : chaque allusion aux communistes dans la VO a été remplacée par "passeur de came". Le topo du film en devient : Widmark vole le microfilm contenant la formule chimique d'une nouvelle drogue que les dealers comme les flics veulent récupérer.

Merci la France de veiller sur nos chères petites têtes de rouges.

Merde in France.
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Message07 Aoû 2008 7:51
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Limguela

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Cette scène avec Veronika Lake pour moi, c'est justement un exemple de la mise en scène très moyenne du film. D'abord la Lake n'est pas crédible en playback, pas plus que Rita Hayworth sans doute, et puis les tours de magie, c'est vraiment débile, surtout la manière dont c'est fait : le coup de la montre qui se détache toute seule ou la disparition finale qui doit être le plus vieux effet spécial du cinéma, c'est vraiment ridicule. Un bon cinéaste, il aurait fait autre chose... Sans parler de cette salle... trois ou quatre pèlerins, pas de rampe, elle est où là, dans une fête d'entreprise ? Pour faire petit salle enfumée poisseuse, on peut faire autre chose. Et pour le playback on met au moins un petit orchestre pour faire genre c'est du direct. En plus, le fait quelle fasse de la magie, c'est juste pour justifier le fait que lors de sa rencontre avec Alan Ladd, elle se rende compte qu'il lui a piqué du fric... non mais il faut être magicien pour se rendre compte de ça... Elle regarde dans son sac, son billet n'y est plus oh oui parce qu'elle est magicienne, elle va savoir que c'est le type qui fait semblant de dormir à côté d'elle ? pff un peu bidon tout de même le scénario^^.

Pour le Port de la drogue, je me rappelle pas du tout du film, je l'ai vu il y a un moment, et ça m'avait pas du tout marqué^^. Oui, l'histoire que tu mentionnes à la fin montre vraiment la mentalité des gens qui font l'adaptation... aucun respect. Fuller de toute façon c'est pas un grand cinéaste. Il y a un film que j'aimerais voir de lui, c'est Shock corridor, le reste de ce que j'ai vu, ça fait pas envie.
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Message07 Aoû 2008 11:18
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Limguela

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Courant du soir. Mikio Naruse et Yuzo Kawashima. 1960

Encore une histoire qui se passe dans une maison de geisha et encore plus désespéré que Au gré du courant tourné quatre ans plus tôt. Cette fois Naruse y ajoute la couleur Technicolor, mais c'est franchement pas plus réjouissant. On est encore à un stade encore plus avancé dans la destruction de la société traditionnelle et comme toujours la description des maisons de geisha est parfait pour illustrer cette fin d'un monde de plus en plus occidentalisé.

Comme souvent chez Naruse, le début du film, est très dur à suivre. Il nous présente cinquante personnages en même temps et on peine à les reconnaitre d'une scène à une autre, faire le tri entre les personnages qui deviendront les personnages principaux et les autres. En fait, ça doit être voulu parce que le récit se concentre toujours plus sur de moins en moins de personnage, un peu comme pour signifier encore plus la mort, la destruction des choses et des êtres, comme dans un récit du type Dix petits nègres ou Alien... Et ce début, là cette fois, c'est un vrai choc pour ceux qui ont vu les précédent film de Naruse : ça y est l'occidentalisation des mœurs est là, et ça nous saute à la figure, et l'effet et d'autant plus réussi avec ce Technicolor très agressif. Et on voit les jeunes geishas se trimballer en maillots de bain à la piscine municipale en train de se faire mâter par quatre ou cinq idiots — bref, le Japon comme on l'imagine et le connait aujourd'hui.

Et puis, au bout d'une heure (oui c'est un peu long^^), là c'est la révolution. On commence à se familiariser avec les personnages principaux, à connaitre les enjeux de leur vie, les conflits. Et là ça sonne comme du Altman, avec toutes ces histoires racontées en même temps, autour d'un même lieu, mais avec des personnages différents. Et petit à petit, on est plus dans le Altman, on passe au mélo avec les bouleversements des révélations. On se focalise maintenant plus que sur deux histoires, toutes les deux basées sur un trio amoureux.

D'abord, la mère et la fille qui sont amoureuses d'une même homme, en secret... le cuisinier de l'établissement, ancien déporté de guerre en Sibérie et qui aimerait franchement se trouver ailleurs qu'entre ces deux nanas^^ (d'ailleurs il va finir pas se barrer). Et ensuite, une geisha, heureuse avec son amant avec qui elle compte se marier (et donc par conséquent abandonner le métier de geisha une fois qu'elle aura assez d'argent — on peut pas être mariée et geisha je crois, et ça se comprend^^), mais qui voit l'arrivée de son ancien mari qui a fait un petit séjour en hôpital psychiatrique et qui compte bien la voir revenir avec lui...

C'est une fois que toutes les révélations, que tout le monde sait qui est qui, que le mélo se met en place. Les scènes poignantes entre la mère et sa fille qui se disputent un homme (qui lui ne les aime pas) ; le dilemme de la geisha et de son amant pour faire comprendre à l'ancien mari qu'il n'est plus rien pour elle, sans qu'il pète les plombs. Et bien sûr comme dans tout bon mélo, ça se termine par une tragédie. L'une des histoires se terminant avant l'autre, tragiquement, et l'autre restant ouverte, comme pour dire "la société japonaise survit encore, mais pour combien de temps".

Parmi les histoires secondaires du film, il y en a une ou deux savoureuses, notamment, cette geisha qui termine souvent bourrée, avec un caractère bien trempé (signe que les Geishas ont bien changé... elles qui doivent par exemple connaître l'art de la conversation pour distraire ces messieurs qui viennent se détendre dans un salon de thé, eh bien elle, se comporte comme une garce et n'hésite pas à renverser deux verres de bières sur ses messieurs quand ils disent quelque chose qui ne la convient pas^^). Ou encore, la fille d'une des geishas de la maison, qui passe son temps à vouloir se suicider ; ses tentatives paraissent à la fois désespérée et comique tant elle essaye, se plante et que le récit n'a aucune pitié pour elle : elle se plante et sa mère arrive et lui dit que si elle veut se suicider qu'elle le fasse proprement pas en ennuyant tout le monde^^.

Bref, encore un magnifique film de Naruse, avec encore et toujours le plaisir de retrouver ces incroyables actrices, capables d'exprimer trois cents émotions à la minute. Impressionnant, dur au début, mais captivant.
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Message08 Aoû 2008 22:10
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jordan4ever

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Pendant que mes chers camarades naviguent en début ou milieu du 20° siècle, je me fais une double séance 2007.

Hot fuzz

Déjà vu au cinéma, beaucoup apprécié et encore cette fois-ci. Toujours en vost, les "fuck you" y sont plus présent et pas dénaturé par une vf gentillette......
Un inspecteur de police est muté dans un village très paisible de la campagne anglaise, après avoir failli mettre la police de londres au chomage avec un taux d'arrestations exceptionnels, donc ils l'envoient loin de la ville, contre son gré.
Bien sur, dans cette ville il ne se passe rien, tout le monde se connait, tout le monde il est gentil, l'ennui, l'inaction le bouffe. Mais heureusement, des morts vont s'accumuler pour son plus grand bonheur, tous déguisés en accident mais il n'est pas dupe et seul contre tous, ou presque, il va mettre la ville à feu et à sang.
Film monté comme une grosse machine de michael bay, ou la référence à "bad boys 2" est faite encore et encore, avec notre super inspecteur et son coéquipier pas modèle, fan de films américains dont aussi "point break".
Cela part dans tout les sens, c'est drôle, c'est anglais, c'est fait par la bande de "shaun of the dead", parodie ratée de films de zombies, là ils s'en tirent beaucoup avec cette parodie de films d'acion américains.

Le prestige

Idem, vu au cinéma très apprécié, et là encore plus. C'est le genre de film ou on ne doit pas savoir la fin, donc au cinéma on est surpris, on se dit "merde, je l'avais pas vu venir, trop fort, oh le batard^^", bref là c'est en sachant que je l'ai revu, donc vision différente comme pour "usual suspects".
Cela parle d'une rivalité entre 2 magiciens, dont la mort de la femme de l'un d'eux va faire place à l'obsession de celui-ci pour faire mieux que l'autre, par tout les moyens possible, en se salissant les mains.
Hugh jackman face à christian bale, le tout arbitré par michael caine, sous la caméra de christopher nolan (les 3 derniers cités sont déjà de batman), plus en bonus pour les fans, scarlett johanson qui à part "lost in translation" ne se renouvelle pas, elle m'ennuie et on la voit peu, car tout tourne autour de nos 2 rivaux.
Chacun va soit, voler l'autre, sois le suprendre, au détriment de leur vie privée ou ils perdront trop de personnes chers pour arriver à leurs fins, mais c'est le sacrifice pour arriver au prestige.
Message10 Aoû 2008 1:07
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The Matrix

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Mise à prix


Un illusioniste qui devient témoin (mal) protégé par le FBI. Il représente un danger majeur pour un criminel et son organisation qu'il se prépare à balancer. Pour le faire taire avant qu'il se mette à table, ce dernier a pris contact avec des tueuses à gage qui doivent non seulement le tuer mais aussi lui ramener son coeur...le problème c'est que d'autres mercenaires sont sur le coup car le magicien vaut cher : 1 million de $ à qui le refroidira en premier.

On a le droit à une galerie de monstres ayant des modes opératoires totalement différents, celui qui tue sournoisement en changeant d'apparence, les deux nanas qui se servent de leur charme, trois mecs totalement barrés néo nazistes en mode bourrin et sanguinolant et un autre spécialiste en torture. Bref, une belle brochette de tueurs icon_lol.gif .

Le magicien en question est planqué dans un penthouse d'un casino à Las Vegas en attendant d'être récupéré par les fédéraux, lieu soit disant connu de personne mais où tout le monde va se retrouver, ce qui va engendrer une vraie boucherie.
Il y a pas mal de rebondissements qui donnent un peu de piquant à l'histoire, quelques noms ronflants dans la distribution : Andy Garcia, Ray Liotta, Ben Affleck, Alicia Keys, Jeremy Piven etc. Un film assez divertissant au rythme bien enlevé.
Message11 Aoû 2008 22:40
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Limguela

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Quand une femme monte l'escalier. Mikio Naruse. 1960.

Encore un excellent Naruse, un mélo et encore une fois Naruse poursuit son travail sur la destruction de la société japonaise à travers celle des Geishas. Cette fois ça y est, on a plus affaire à des Geishas, mais aux hôtesses qui ont pris leur place dans les bars. Ce sont en fait des call girls qu'on vient vient voir dans les quartiers des salons de thé où les geishas se font rares (on en verra qu'une d'ailleurs durant tout le film pour montrer la désuétude de son apparence par rapport à celle de ces hôtesses). Même principe en fait que les geishas, elles doivent faire la conversation et boire avec les clients et plus si affinité...

Là, l'admirable, l'extraordinaire, Hideko Takamine, toujours au rendez-vous, joue une veuve d'une trentaine d'année obligée de travailler dans un de ces bars souvent citués au-dessus d'autres commerces. Le titre du film fait référence aux marches que le personnage d'Hideko, Mama, déteste monter pour ce rendre auprès de ses clients. Parce qu'elle a horreur de ça. Elle est très belle, beaucoup de clients voudraient être son protecteur, mais comme elle ne tient pas à se donner à n'importe qui, elle reste « prude ». Pourtant, elle arrive à un âge où il va falloir qu'elle fasse un choix : chercher un protecteur qui voudra bien se marier avec elle (mais quel homme respectable voudrait se marier avec une telle femme, même très « prude » ?) ou ouvrir elle-même un bar où elle pourrait accueillir tous ces nombreux clients.

Hideko ne semble pas savoir ce qu'elle veut. En fait, elle voudrait bien qu'on décide à sa place. Ce n'est pas une femme d'entreprise, c'est une femme au foyer (d'ailleurs on se demande ce qu'elle vient faire dans ce milieu) et en secret elle attend que l'homme qu'elle aime vienne la chercher sur son cheval blanc... Son intelligence ne l'empêche pas d'avoir encore dès rêves de jeune fille...

Comme d'habitude, il faut un moment pour que les personnages se mettent en place et qu'on comprenne quels sont les enjeux de tout ça et surtout d'entrevoir un peu mieux ce que les personnages désirent... Un désir souvent contraint par les lois de la vie, le mariage, l'argent, la réputation... Donc là, on comprend vite qu'il s'agit d'un jeu à quatre. Hideko au milieu de trois hommes. Après l'épisode d'une amie de Hideko qui se suicide (un thème déjà présent dans le film précédent), la lumière se fait donc sur les sentiments des personnages et d'abord sur ceux très confus de ce personnage principal qui ne sait pas elle même ce qu'elle veut. On l'apprend très vite, elle aime sans lui dire, l'un de ses clients les plus distingués, un banquier, marié, fils de bonne famille, joué par l'excellent Masayuki Mori (un habitué de Kurosawa qui avait le rôle titre notamment dans l'Idiot, donc bien loin du personnage qu'il a ici). Mais lui semble lui porter peu d'attention. Il y a aussi un autre homme, le gérant, qui est aussi son meilleur ami, dont on apprendra qu'à la fin qu'il l'aime aussi, joué par Tatsuya Nakadai (un habitué des films de Naruse et des films de katana, sa beauté et sa « force tranquille » étant tout à fait utile dans les rôles de samouraïs) ; malgré sa beauté, malgré toute l'attention qu'il lui porte, elle ne voit rien, mais de toute façon quand il lui dira à la fin du film, elle lui dira que ça peut pas marcher (il a pas le profil du prince sur son cheval blanc). Et enfin, le client mythomane, un peu fauché, soit disant patron d'usine, et surtout totalement marié.

C'est avec le dernier, le mythomane, que le mélo commence. Hideko, alors qu'elle commence à réunir l'argent pour monter son bar, un peu résignée donc à monter un genre de commerce qu'elle abhorre mais où elle est sûr d'avoir des clients, se voit donc proposer en mariage par ce bonhomme, franchement pas très beau, mais gentil. Elle finit donc par accepter sa proposition, finit par ce dire que finir avec lui c'est toujours mieux que de rester dans ces bars à vie. Jusqu'à ce qu'elle apprenne qu'il est marié et qu'il n'en est pas selon sa femme à son premier coup d'essai... « Pourtant, vous êtes jolie, vous n'avez sans doute pas pris au sérieux sa proposition» dira-t-elle à ma belle Hideko... Bah si. Première humiliation.

Elle vient noyer sa misère dans un bar et dans quelques verres de whisky. C'est là que son charmant banquier, accompagné d'une belle geisha comme on en fait plus, la remarque. Elle est ivre. Il congédie la geisha et ramène la belle dans appartement. Elle allègrement ivre lui dit qu'elle l'aime depuis le premier jour, on connait la chanson... il en profite pour la peloter, lui dire « je t'aime aussi »... et au réveil : « bon ben il faut que je parte. » « Ah non reste encore un peu ! » « Non mais c'est que j'ai été muté à Osaka... » On reconnaît là toute la lâcheté des personnages masculins chez Naruse, comme chez Bergman, comme chez Almodovar... Et puis il lui explique que même s'il restait à Tokyo, sa famille ne comprendrait pas, il est de toute façon bel et bien marié. Bref, le goujat de première. Le rêve s'écroule encore plus pour Hideko, elle qui était resté vertueuse tout ce temps, qui se donne à l'homme qu'elle aime et qui se barre dès le petit matin.

C'est un mélo, alors il faut en rajouter une couche tant que c'est encore possible. Le gérant arrive alors. Sans doute un peu jaloux, il les a vu partir ensemble la veille et a dû veiller toute la nuit en face de l'appartement de sa belle. Donc dès que le banquier est parti, il ramène sa fraise pour lui révéler son amour... Les hommes choisissent toujours les meilleurs moments pour annoncer ce genre de chose^^. « Tu l'aimes ? Je m'en doutais... mais moi aussi je t'aime ! Marions-nous et ouvrons un bar ensemble. » Un bar !!!!! mais elle en peu plus des bars, ce qu'elle veut elle, c'est préparé le riz gluant de son petit mari quand il rentre du travail et puis c'est tout, le japanese way of life quoi. Donc elle pleure, elle pleure, et lui se voit prié de quitter les lieux...

Voilà, ça donne l'impression de personnages qui se croisent sans jamais se trouver. Un peu déprimant, mais tellement vrai.

Pas forcément très originale dans sa conception, mais dans la réalisation et l'interprétation, c'est tellement parfait que ça en fait vraiment un film excellent. Hideko Takamine, c'est le genre d'actrice, tu la mets au milieu d'un histoire bien mais sans plus et elle vous transforme ça en énorme film, comme Gong Li, comme Anna Magnani... Le film est sans doute un peu moins abouti (la fin est pas terrible, trop courte), mais rien que pour elle, je crois que je voudrais ce film dans ma pochette de trois cents films sur une île déserte.

Bon, c'est bien, depuis le Repas, que j'ai dû voir il y a six mois, je n'arrête plus avec Naruse. J'ai rarement été déçu. Quoi que là j'ai des muets à voir, ça a l'air plutôt baroque comme truc^^.
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Message15 Aoû 2008 22:42
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Ogami_Itto

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@jordan, je viens également de voir Le Prestige, et Nolan signe encore une fois un excellent film, un peu à la Memento. Bale et Jackman sont géniaux. Dans le même genre, outre Memento, y a aussi The Machinist, que je te conseille. Le genre de film que t'as envie (et besoin) de revoir une 2e fois et + si affinités.
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Ogami_Itto

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riv' a écrit:
Sinon, quelqu'un aurait-il vu "Hitman" ?
Si oui, ça vaut le coup d'oeil ?


Ca vaut le coup d'oeil, c'est un gentil film, sympa à mater. Sans prétention, et relativement bien foutu. Le mec qui joue Hitman d'ailleurs, c'est le vilain dans Die Hard 4, assez méconnaissable sans ses cheveux. Si tu sais pas quoi mater un soir, tu peux y aller.

Oops, double post, ça m'arrive jamais. Désolé. ^^
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Message15 Aoû 2008 23:36
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Ogami_Itto a écrit:
@jordan, je viens également de voir Le Prestige, et Nolan signe encore une fois un excellent film, un peu à la Memento. Bale et Jackman sont géniaux. Dans le même genre, outre Memento, y a aussi The Machinist, que je te conseille. Le genre de film que t'as envie (et besoin) de revoir une 2e fois et + si affinités.


Merci pour ce conseil, mais "the machinist" je l'avais aussi vu, bon film, comme memento que je vais me refaire d'ailleurs, question de le revoir d'un autre oeil en connaissant à la fin, ça change la vision et la perception.
Message16 Aoû 2008 13:43
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Limguela

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Deux Naruse.

L'Eclair. J'ai pas compris le film. Je devais être un peu distrait par la beauté d'Hideko Takamine, mais j'ai pas bien compris où l'histoire voulait en venir. Ça ressemble en fait aux débuts des films de Naruse, débuts où on apprend toujours à connaître des personnages, mais d'habitude, après il y a un truc qui se passe, là non, la fin arrive vite, j'ai pas compris pourquoi. On a droit à la fin à un dénouement entre le personnage de la fille et de la mère, pourtant, j'avais pas l'impression que ça semblait être le thème du film. J'attendais l'histoire d'amour, le mélo et on s'en tire avec un film psychologique sur la réconciliation entre une fille et sa mère... J'ai dû raté une bobine là.

Le Sifflement de Kotan.

Très étonnant de voir Naruse quitter la ville pour les kotans (villages) aïnous de l'île d'Hokkaido. Mais au fond pas tant que ça. Qu'est-ce que fait le plus souvent Naruse ? Décrire une société japonaise qui change sous l'influence de l'occident. Il le montre le plus souvent à travers des histoires de geishas, des histoires d'amour ou des histoires de femme au milieu d'une famille (souvent monoparentale), et là finalement c'est la même chose...

Donc on est sur l'île d'Hokkaido, et on suit une famille aïnou, un peuple d'une ethnie minoritaire au Japon. Il y a le fils, doué à l'école, le père ivre depuis que sa femme est décédée (encore joué par Masayuki Mori, avec encore un rôle à mille lieu de ces autres rôles ! il suffit de voir le personnage de banquier bien respectable qu'il jouait dans Quand une femme monte l'escalier ! c'est l'acteur caméléon japonais !) et la fille idéale qui prend soin de tout le monde, belle comme un ange. Le conflit social, là il est très clair. Les enfants, aïnous, sont victimes du racisme japonais à l'école. Encore une fois Naruse commence par décrire un grand nombre de personnage avant de se recentrer sur ceux qui deviendront les principaux (le fils et surtout la fille, comme d'habitude, Naruse ne s'intéresse qu'aux filles). C'est comme ça qui suit un bon moment la voisine qui vit avec sa grand-mère, qui rêve de faire de la danse, qui flirte avec un japonais. Sa grand-mère va un jour voir le père de ce garçon, qui est le directeur de l'école et qui a toujours été correct avec les aïnous. Elle y va dans l'intention de connaître ses intentions si jamais leurs enfants décidaient de se fiancer, elle y va avec un peu d'espoir, vu le personnage (joué d'ailleurs par Takashi Shimura, l'éternel humaniste des films de Kurosawa, donc l'acteur idéal pour ce rôle), mais bon, comme il fallait s'y attendre, il lui fait comprendre que ce n'est pas une bonne idée... Après quoi, la grand-mère tombe malade, puis la fille disparait (on ne saura jamais ce qui lui est arrivée... c'est très narusien ça : il développe des personnages et il les délaisse presque consciemment en cours de route comme pour coller un peu plus à la vraie vie où souvent on perd de vue même son plus proche voisin) et enfin la grand-mère meure...

Le récit peut alors s'attacher complètement au destin de la famille que je décris plus haut. La fille est choisie par le professeur de dessin pour être son modèle, elle s'entiche un peu de lui, mais il finit par partir pour Tockyo (avant d'être parti pour la grande ville de l'ïle, Saporo, avec elle pour présenter son tableau à un concours), le fils se bat avec d'autres élèves (japonais eux) qui le jalousent et le martyrisent, le père qui parvient à se détacher de l'alcool mais qui moura à la fin écrasé par un arbre (il avait trouvé une place de bucheron).

Ça commence donc comme un film sociale, avec des oppositions entre deux cultures, ils nous mènent tranquillement au mélo avec une ou deux amourettes, deux morts cruelles... Tout ça pour laisser les deux orphelins à la fin, livrés à leur oncle cruel. C'est toujours la même chose, même là en plein dans les bois, mais c'est toujours aussi efficace.

On se croirait presque dans un flim de Muyazaki. Les Aïnous et surtout leur culture animiste (avec tous ces esprits de la forêt) ressemblent à des peuples qu'il décrit très souvent dans ses films. Naruse ne respecte pas totalement la culture aïnou. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur le net pour s'apercevoir qu'il y a un ou deux trucs qui ne sont pas retranscrit dans le film. Par exemple, il a bien pris des Japonais pour jouer les Aïnous et je commence à faire des progrès en japonais^^ et il me semble qu'ils parlent tout le temps japonais aussi... En tout cas, c'est bien dépaysant comme film. Et puis savoir qu'il y a aussi un problème de racisme au Japon, finalement, tout le monde a les mêmes problèmes. Dommage que la fille n'ait pas fait d'autres films, elle avait un sourire encore elle... Et comment est-ce qu'on a pu mépriser un tel cinéaste pendant si longtemps ?! le grand mystère. A côté, Ozu, c'est vraiment du pipi de chat.

Bon allez, je vais me mater, le chef d'oeuvre de Scorsese, After Hours, qui repasse à la téloche.
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Message17 Aoû 2008 22:10
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Nuages flottants. Mikio Naruse. 1955.

J'avais vu ce film il y a deux ans, pourtant, j'en gardais très peu de souvenir. Le film m'avait plu mais sans plus. Il était donc temps de revoir ce qui est considéré par beaucoup comme son meilleur film, maintenant que j'en ai vu pas mal...

Eh bien, j'ai toujours un avis très mitigé sur ce film. Bien sûr, il a des qualités qui font qu'on pourrait le ranger dans la catégorie chef d'œuvre, mais pour moi il y a un ou deux défauts qui sont vraiment problématique. D'abord la grande qualité du récit, c'est de s'attacher à une histoire, une seule. Comme souvent on commence avec un sorte de plan d'ensemble, puis le récit se resserre petit à petit jusqu'à ne s'intéresser exclusivement à la relation entre les deux personnages principaux. Cette sorte de travelling avant, de basculement de l'infiniment grand à l'infiniement petit, de la généralité à l'unité, est toutefois moins évident que dans les autres films, mais peu importe. Là donc, on sait dès le départ qui sont les deux personnages principaux ; je me suis suffisamment plains des début un peu trop « chorale » de Naruse pour me plaindre ici du contraire^^. Toutefois, le récit en flashback du début pour entrer tout de suite dans le vif de sujet, je trouve que c'est un peu trop facile. Je pense qu'un récit linéaire aurait sans doute été plus long, mais probablement plus efficace, après tout la qualité donc du reste du film, c'est sa densité, sa concision. A chaque scène correspond une époque, une nouvelle péripétie, les scènes s'enchainent un peu grâce à un moteur propre au récit qu'est l'ellipse. L'intrusion de deux ou trois personnages au cours du récit, dans la première heure, sert surtout à créer la menace, la jalousie. On ne peut pas dire que le gros problème de mec c'est sa frivolité et en même temps ne pas le traduire en action. Le type est volage, inconstant, lâche, il faut le montrer à travers la relation qu'il a avec les autres personnages. Ensuite, quand le récit se resserre sur les deux personnages principaux, à savoir l'homme marié qui séduit un peu malgré lui mais sans honte les autres femmes, et la femme, sa maitresse qui semble l'attendre toute sa vie, malgré les fausses promesses (même si finalement il n'en fait aucune). Et c'est dans ce resserrement que le récit atteint sans doute une perfection dans son unité. On a vu ça dans d'autres films, souvent long (parce que ça demande une longue mise en place et surtout un acharnement, une répétition pour que le spectateur finisse par comprendre que les scènes sont systématiques et pour créer presque un effet de manque si le récit proposait autre chose), comme la Maman et la Putain d'Eustache. Donc une fois qu'on est dedans, c'est fascinant : le film ne se résume plus qu'un une suite de scènes en tête à tête représentant chacune une nouvelle étape dans l'évolution de leur relation. C'est une mise sous microscope de la vie d'un couple, d'un faux couple (parce qu'avant qu'arrive la fin du film, la morale du film semble bien être : on a beau chercher quelqu'un, croire le trouver, on est toujours seul).

Après, pour moi, il y a un défaut majeur dans cette histoire. C'est l'antipathie des deux personnages. Celui interprété par Hideko Takamine, est tout le contraire des autres personnages féminins des films de Naruse. Elle est complètement attaché à son homme, lui pardonne tout, serait prête à tout accepter pour lui... or sachant que lui est un salaud, ça passe pas. C'est un personnage trop fragile, trop faible pour qu'on puisse totalement s'identifier à elle. Sa faiblesse ne nous émeut pas, on ne cherche pas à la consoler, elle nous agace ; on voudrait lui dire d'aller voir ailleurs ! La grande force des autres personnages narusiens, c'est que les femmes souvent sont seules, mais parce qu'elles font le choix de l'être et souvent parce qu'elles trouvent les hommes pas à la hauteur. D'un côté leur relation fait un peu penser à celle qu'on trouve entre Jivago et Lara dans le Docteur Jivago. A la différence que là, il y a une complicité entre les deux personnages ; malgré les séparations, on sent qu'ils s'aiment, ils vont l'un vers l'autre pour se protéger du froid glacial en quelque sorte^^. Or là on a le personnage féminin qui vient vers son homme qui lui semble la rejeter. D'accord, c'est le sujet du film, mais ça rend impossible toute catharsis. Si le récit avait au moins adopté le point de vue d'un des personnages, celui de la femme, comme il semble vouloir le faire mais pas suffisamment, là on aurait pu s'identifier d'avantage à son personnage, on aurait compris ou accepter sa dépendance à cet homme. Cet homme donc qui lui, avant la toute fin, est parfaitement antipathique. Un homme qui se laisse aller à la facilité des tentations féminines, qui semble n'avoir aucune morale, aucun remord, qui est d'une lâcheté sans fin, d'une hypocrisie pas croyable, qui se sert de ses différentes femmes selon les circonstances, qui finalement semble n'avoir pas de cœur (quand l'une de ses maitresses se fait tuer par son mari, il semble ne rien éprouver), un tel personnage ne peut pas provoquer la moindre sympathie chez le spectateur. Ça nous serait présenté comme une faiblesse de sa part, le récit prendrait le temps de l'expliquer, pour qu'on l'accepte d'accord, mais là soit son personnage et trop grand, soit pas assez. Dans Quand une femme monte l'escalier, il y a un personnage comme ça qui ne peut s'empêcher de séduire les femmes, mais non seulement il s'agit d'un personnage secondaire mais en plus c'est bien présenter comme quelque chose de maladif, donc à ce moment, ça n'est pas antipathique comme là. On passe presque exclusivement deux heures au milieu de ces deux personnages, ces deux amants et pourtant, ils restent pour nous toujours des étrangers, l'identification ne s'est pas effectuée comme elle le devrait.

Après, le film ne pouvait pas prendre une autre direction, parce que tout est déterminé semble-t-il par la fin, là où le récit prend tout son sens, avec la phrase épilogue : « La vie d'une fleur se fane très vite. C'est pourquoi il faut vite l'aimer. » C'était donc là où tout le récit voulait en venir ; là je comprends mieux ; mais c'est pas pour autant que ça rend moins problématique toute l'empathie qu'on a pour ce personnage durant tout le film. Et surtout si c'était ça le sujet du film, il aurait fallu le dire plus tôt. Car pendant tout le film, on voit le film comme un « finiront-ils ensemble ». L'enjeu annoncé au début, ça semble bien être lié à la compatibilité ou non de ces deux personnages, et comme on a déjà la réponse (non parce que c'est un salaud^^) on est un peu perplexe pendant tout le film face à cette relation un peu sado-maso, je t'aime-moi-non-plus. Le film à la lumière de cette fin prend donc un nouvel intérêt. On repense après coup à ce personnage qui nous est apparu pendant tout le récit antipathique ; le geste et la prise de conscience finale est une sorte de rédemption un peu tardive mais réelle de l'amant lâche et opportuniste. Est-ce que pour autant le spectateur est prêt à lui pardonner ? C'est tout la question. On se retrouve un peu à la place de cette femme (pour le coup on la comprend un peu mieux donc) qui malgré l'indifférence de cet homme continue de l'aimer ; c'est le même problème que rencontre également certaine femme battue qui voient après coups leur mari s'excuser sincèrement. Les excuses, les rédemptions tardives, ça n'excusent pas ce qui précède, ça ne garantie pas qu'on est quitte avec son passé. Le personnage de Mazayuki Mori, moi je lui pardonne rien^^. C'est un salaud et pis c'est tout ! La vie d'une fleur ça se fane peut-être très vite, mais il ne faut pas non plus laisser n'importe qui la cueillir. Et il faut savoir s'en occuper... Quand Mori accepte qu'Hideko Takamine, souffrant semble-t-il de tuberculose, la suive sur une île qui possède une forêt pluviale où « c'est rare qu'il ne pleuve pas dans le mois », c'est pas vraiment savoir prendre soin de sa jolie fleur. Ah tu peux faire le malin une fois qu'elle est fanée par ta faute, imbécile !

Pourquoi Nuages flottants au lieu de Nuages pluvieux ?^^ Mystère...
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Message18 Aoû 2008 23:51
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Thé et sympathie. Vincente Minnelli. 1956

J'adore ce film. Ça faisait douze ans que je ne l'avais pas vu. Autant dire que je ne me rappelais pas tout du film. Pourtant c'est comme si je l'avais vu hier.

J'ai retrouvé les notes que j'avais prises à l'époque. C'est assez marrant de les lire plus de dix ans après. C'était l'époque où j'écrivais tout au stylo plume, où j'écrivais encore très bien avec de jolies lettres rondes ; c'était l'époque des premiers films vus au Cinéma de minuit.

Voilà le genre de bêtises que je pouvais écrire au lycée^^ :

"A aucun moment le scénariste ne se laisse embarquer dans la complaisance du spectateur. Tout est fait dans le drame pour frustrer et émerveiller. Car le spectateur voudrait qu'un véritable amour puisse s'installer entre Laura Reynolds et Tom Lee. On attend, on espère ; mais ce la n'arrivera jamais. On sait que le scénariste doit tendre l'élastique (^^) sans se laisser aller à la facilité heureuse d'un rapprochement entre les deux personnages principaux. Le spectateur suffoque, attend une libération qui ne viendra jamais ; c'est lui qui craque à la place des personnages. On aimerait qu'ils s'échappent tous les deux. Mais c'est impossible — c'est un amour impossible. Un amour à peine dévoilé (le mystère de la nature de leur amour persistera jusqu'à la fin : même si on s'en doute, on aimerait qu'ils se le disent, ce "je t'aime"). Et quand à la fin Tom lit la lettre de Laura qui a quitté son mari (qu'elle ne sait plus aimer) et qu'on apprend que Tom est marié et qu'on voit sur son visage qu'il est heureux, on ne peut être que dégoûté de voir que l'amour passé de Tom pour Laura, jamais avoué, n'est plus qu'un bon souvenir pour lui, alors que nous sommes, nous, toujours dix ans plus tôt, comme Laura qui assume encore aujourd'hui les conséquences de cet amour : "quand un caillou tombe dans l'eau, il fait des cercles jusqu'à l'infini et les conséquences sont infinies." On comprend alors que le personnage qui était en fait le plus en danger dans ce drame c'était Laura. Tom, lui, avait droit à une seconde chance, celle-là même que Laura avait sans doute eu avec lui.
Un drame de ce type montre bien que le happy end n'est pas ce qu'il y a de plus beau. La fin est tragique (surtout pour Laura), la tension n'est pas retombée (le caillou continu de faire des ronds...) comme dans un dénouement classique.
Une oeuvre qui restera toujours dans les coeurs (MDR^^).
Il faut noter aussi que cet amour transparait derrière un sujet brûlant (!) celui du manque de virilité. Derrière la description psychologique et de moeurs, c'est toujours l'amour, l'amitié des amants, qui prévaut (une amitié qui pourrait se confondre facilement avec de la pitié comme Tom le fait remarquer à Laura. Cette situation n'est pas un prétexte à la romance mais plus une cause (ça veut rien dire ça^^).
Le drame est aussi profondément psychologique. Laura est la mère que Tom n'a jamais eu, comme autrefois son professeur de secondaire ("depuis j'aime toutes les femmes avec des voitures décapotables" — dans la version d'hier, c'était des femmes avec des polos...). Ce complexe d'Oedipe est au cœur de la relation mystérieuse qui entoure les deux personnages, l'interdit aussi."

Voilà ce qui est fascinant dans ce film, c'est cette relation adultérine, voir incestueuse, on en sait rien (un inceste un peu symbolisé également par l'homonymie des deux acteurs... un peu pervers le Minnelli). Même aujourd'hui, on aurait du mal à traiter un tel sujet. Mieux, pendant toute la première partie du film, il est suggéré que Tom est homosexuel. C'est justement la question de sa virilité qui prend une grande partie du film. Là fascination vient surtout de là : on ne sait pas, rien n'est explicité, on essaye de comprendre. Finalement, même à la fin, on a pas de réponse. On sait qu'ils s'aimaient tous les deux, mais on ne sait pas à quel point. Pour Laura bien sûr, on imagine bien qu'elle l'aimait comme une folle, sinon elle n'aurait pas quittée son mari ; mais pendant tout le film, on cherche à comprendre ce qu'elle fait, si elle est consciente de ce qu'elle fait... On est comme Tom, on se demande si ce n'est pas simplement de la pitié, le fait qu'elle l'apprécie juste entant qu'ami et qu'elle veuille juste aider un ami, on en sait rien jusqu'à la fin, mais même à ce moment, elle n'exprime pas son amour, elle ne parle que des conséquences de ce qu'elle ressent, sans jamais expliciter ce qu'elle ressent. Pour Tom, c'est pareil. On se demande un moment s'il n'est pas homo, puis s'il ne l'aime pas comme une mère, puis une confidente, puis on se questionne sur la véritable nature du baiser qu'il donne à Laura, avant que la serveuse avec qui il flirte lui dise qu'il a des mains de jeunes filles et qu'il pète le plomb et qu'on se repose à nouveau des questions sur sa "virilité" et donc sur la nature de son amour pour Laura, pour enfin finir apprendre qu'il a fait un mariage heureux... C'est presque comme du Shakespeare : beaucoup de questions, jamais de réponse. Toutes les hypothèses sont possibles. C'est un peu parfois comme dans la vie. On agit sans savoir pourquoi, on fait des choses contradictoires... certaines choses ne s'explique pas, ne sont pas du domaine de la raison. Et c'est ça que rend parfaitement bien ce film.
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