Daiv a écrit:
Tu nous ferais un petit speech sur chacun, histoire de pas mourir idiot (et parce qu'on n'est même pas sûr de finir sur la même île déserte)
Avec grand plaisir. Beaucoup de copiés-collés d'autres sites, quand même (mais de moi, hein !). Certains trucs viennent de mon blog sur Grandaddy, qui n'avance plus depuis belle lurette ... Ceci dit, vous pouvez y trouver des tas de clips, des sons, etc... pour découvrir le groupe :
http://grandaddy.over-blog.com/categorie-10251278.html
Je commence par mes deux artistes préférés : feu Elliott Smith et feu Grandaddy, groupe du songwriter de génie Jason Lytle (qui revient en 2009 avec un "sew low owl bum").
Elliott Smith - From A Basement On The Hill (2003)
Il a proposé à
Grandaddy de faire sa première partie en 2000, marqué par
The Sophtware Slump. Ils ont donc écumé les salles ensemble, en nous laissant quelques duos en souvenir, merci. Au panthéon des songwriters magiques disparus dans des circonstances tragiques, Smith côtoie Lennon, Cobain, Buckley... il s'est suicidé en 2003. En l'espace de six albums studios absolument fabuleux, Elliott Smith a démontré qu'il était peut-être le plus grand dans ce quatuor de rêve. Elliott Smith s'en est allé dans la drogue, l'alcool, et la souffrance, souffrance qu'on retrouve à travers toute sa discographie, portée par l'une des voix les plus touchantes de l'histoire de la musique. Elliott Smith n'est pas un de ces songwriters loués, recommandés, et finalement décevants. Elliott Smith est important, Elliott Smith est essentiel, il est indispensable. De ses trois premiers chefs d'oeuvres totalement acoustiques à son album posthume
From A Basement On The Hill, il n'a cessé de hisser le songwriting à un niveau invraisemblable, à une perfection inouïe.
Si vous ne vous êtes jamais vraiment intéressés à sa musique, je pense que vous pourriez prendre une grosse claque avec ces quatre chansons. Du genre "pourquoi j'ai pas écouté ça plus tôt ???". Pour peu que vous aimiez le songwriting/folk délicat.
Bref, Quatre extraits de
From A Basement On The Hill, album posthume, quatre ballades, quatre chansons poignantes, magnifiques, du travail d'orfèvre, une voix délicate et parfaite, et puis cette guitare, ces mélodies...
A Fond Farewell, où il est question de drogue, de s'en sortir, de repartir, où de s'en aller pour de bon.
" A little less than a human being
A little less than a happy high
A little less than a suicide
The only things that you really tried "
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Twilight. Amour impossible ou adultère ? Enfermé dans une relation dont on aimerait sortir. Chanson magnifique.
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Last Hour. Il est question de suicide. Probablement la chanson la plus belle qu'il m'ait été donné d'entendre. Le texte est magnifique, la voix poignante, le solo de guitare en guise de pont est extraordinaire d'émotion. J'ai des frissons à chaque fois que j'entends cette chanson. C'est fou comme je suis attaché à ce garçon que je n'ai pas connu.
" I'll be staying down
Where no one else is going to give me grief
Mess me around
Just make it over "
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Memory Lane. A propos de son court séjour en centre psychiatrique. Les paroles parlent d'elles-mêmes.
" uncomfortable apart
it's all written on my chart
and i take what's given to me
most cooperatively
i do what people say
and lie in bed all day
absolutely horrified
i hope you're satisfied "
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Oh, et puis une 5ème.
Pretty (Ugly Before). A propos de l'échappatoire que représente la drogue ?
" There is no nightime
Only a passing phase
And I'll feel pretty
Another hour or two
I felt so ugly before
I didn't know what to do "
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Grandaddy - The Sophtware Slump (2000)
Finalement, ça reste l'album le plus conceptuel du groupe, donc ej vais choisir celui-là plutôt que Sumday (plus ensoleillé, plus pop, plus souriant, pas moins bon, mais différent).
La musique de
Grandaddy, ce n'est pas uniquement une guitare, une basse, une batterie et un synthé au son désué joués par cinq barbus californiens (Jim Fairchild me pardonnera). Grandaddy, c'est avant tout une rencontre entre Lucie et Numéro 5, entre l'humain et le robot, entre la guitare sèche et les ordinateurs. Grandaddy, c'est le lien entre l'Age de Pierre et la colonisation de Mars, c'est la peur insurmontable du futur et l'angoisse d'un passé définitivement enfoui. Tricia Woolfenden (The Grand Rapids Press) est revenue il y'a quelques jours sur l'album le plus révélateur de cet état d'esprit. Traduction d'un article paru dans le blog Desert Island Gems, le 14 décembre dernier.
Le monde est truffé d'injustices, parmi elles : la pauvreté, la guerre, la famine et le succès constant de la télé-réalité. La rupture prématurée d'un formidable groupe indépendant peut sembler vraiment peu de chose comparé à tout ça, mais la mort de Grandaddy est symptomatique de la pauvreté de notre culture.
Voilà un groupe qui a trimé dans l'ombre pendant plus de dix ans, donnant naissance à des albums magnifiques, propres à nous faire réfléchir, comme The Sophtware Slump, et tout ça pour quoi ? Quand le groupe s'est séparé en 2006, son leader Jason Lytle a dit qu'ils ne pouvaient simplement plus se permettre financièrement de faire de la musique comme ils l'entendaient. Ils n'étaient pas à vendre – à plus d'un sens – alors il ont fermé boutique.
Si un groupe aussi bon que celui-là ne peut pas faire suffisament de bénéfices pour justifier son existence, quel espoir reste-t-il pour les autres petites formations du genre ? La musique doit-elle être à ce point aussi gratuite, aussi peu stimulante que les autres aspects de notre culture pour être acceptée en son sein ?
Le deuxième album studio de Grandaddy pressentait le désastre imminent. Le groupe folk électronique explore un monde pris dans la glace et les griffes métalliques de la technologie, et ils ne sont pas sûrs d'aimer le tableau.
Lytle chante la solitude, la peur, l'ambivalence de la culture moderne et la recherche d'un sens à l'humanité face à la technologie. C'est intéressant, particulièrement quand on pense que ça a été écrit il y a sept ans, c'est à dire pratiquement à des années lumières d'aujourd'hui, étant donné le degré de dépendance aux lecteurs mp3, aux téléphones portables, à Internet, et à toutes sortes d'appareils électroniques qu'a atteind notre société.
Le fait que le groupe n'ait pas pu continuer est insupportable, mais au moins il nous laisse avec de la grande musique.
(par Tricia Woolfenden, pour Desert Island Gems, 14 décembre 2007)
Underneath The Weeping Willow. Probablement la seule chanson de Grandaddy qui fonctionne avec des rimes. Un texte très court, qui s'inscrit au sein d'un album où le narrateur ne cesse de regretter cette nouvelle société déconnectée de la nature. Une chanson très légère, mais bouleversante de beauté. Un petit bijoux niché au milieu du trésor qu'est
The Sophtware Slump.
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The Crystal Lake. Tube pop-rock hyper efficace est assez représentatif des singles du groupe. Les images suffisent à comprendre le sens de cette chanson, pile dans le thème de l'album.
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He'Simple, He's Dumb, He's The Pilot, l'épique ouverture de l'album. Une des plus grandes chansons de ces vingt dernières années :
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So You'll Aim Toward The Sky, l'échappatoire final. Live @La Route du ROck? St-Malo, 2003 :
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Oh, et allez, deux extraits de Sumday, je peux pas résister.
OK With My Decay, un modèle de songwriting et d'arrangements (même si là la compression du son ne fait pas honneur au travail effectué), qui sonne comme un clin d'oeil aux Beach Boys. Puis
Stray Dog And The Chocolate Shake, gros coup de coeur, LE synthé labellisé Grandaddy, le riff rock qui va bien ... top pour se lever le matin (clip amateur ici, mais le son est bon). Enfin,
The Group Who Couldn't Say, ou les citadins qui se rendent compte que la forêt, les libellules et les arbres, c'est mieux que le bureau et les voitures.
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