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Bonjour Ă tous,
Après Shaq, OJ Mayo et les 3 compères brésiliens, je continue ma petite série de biographies avec celle d'un coach cette fois-ci : il s'agit de Glenn "Doc" Rivers. Il s'agit à mon goût d'une de mes réalisations les plus abouties (le papier de Shaq mis à part), étant donné le temps passé à la recherches d'informations.
Bonne lecture Ă tous.
PS : cet article fait partie d'une série d'articles que je comptais débuter, nommée "When I was a Player", qui consistait à rassembler de multiples biographies de coachs actuels pour décripter leur carrière, le plus souvent de joueur. Mais assez déçu du nombre de réactions, j'ai préféré mettre le projet en suspens pour me concentrer sur d'autres papiers que je comptai réaliser.
Ainsi, j'ai également réalisé la biographie de joueur de Terry Porter, si celle-ci vous intéresse aussi, je la publierai avec plaisir. Le prochain "épisode" sera consacré à John Lucas, coach NBA dans les 90's au parcours de joueur extraordinaire.
Glenn "Doc" Rivers
Marquette University, 1979. Le jeune
Glenn est à l’entrainement lors d’un camp d’été, pour des sélections à l’université de Marquette. Aujourd’hui, Glenn décide de mettre son nouveau tee : il arbore ainsi dans le dos, non sans fierté, les 3 lettres
« Dr. J », surnom d’une de ses idoles, Julius Erving. Rick Majerus, le futur coach de Marquette (à l’époque assistant-coach), a déjà remarqué chez le jeune mais imposant Glenn cette
capacité à guider ses coéquipiers et son impressionnante défense. A la fin de la première journée, les Bucks de Milwaukee débarquèrent à la salle pour un court match amical. Ils n’avaient que 9 joueurs et devaient obligatoirement en posséder un dixième. Les personnes dans la salle commencèrent à crier
« prenez Doc ! », ayant tous remarqué
la supériorité du jeu du garçon de 18 ans. Glenn ne réagit pas, ne soupçonnant pas une seule seconde que la foule scandait Doc à son attention, en référence à son T-shirt. Soudain Rick Majerus se tourna vers Glenn et lui dit :
« C’est toi, Doc, c’est toi ! ». Le public, composé majoritairement d’enfants, continuait de s’exclamer
« Doc ! Doc ! Doc ! ».
Le jeune Glenn ne le sait pas, mais ce surnom lui collera à la peau le reste de sa méconnue mais non moins réussie carrière sportive.

Mais commençons par le commencement. Le jeune Glenn, natif de
Maywood (Illinois), n’a pas eu une enfance particulièrement difficile, mais a reçu une éducation pour le moins stricte, notamment de la part de son père
Grady Rivers, policier de métier. Cela ne dérangea pas davantage Glenn, qui était loin d’être un garçon modèle :
sa vie se résumait à sa passion pour le basket-ball, et rien ne pouvait le motiver à travailler à l’école, c’était franchement un mauvais élève qui plaçait sa réussite sportive devant son succès scolaire. Chez les Rivers, c’est de famille : son oncle,
Jim Brewer, a joué près de 10 ans en NBA, en passant par Cleveland, Phoenix et Los Angeles ; de même que son cousin
Byron Irvin qui a joué 3 ans chez les Blazers et les Bullets de Wasington.
Ne dérogeant pas à la règle, Glenn Rivers était donc lui aussi un féru de basket. Vivant dans les quartiers douteux de Chicago,
sa passion pour le sport fut certainement le facteur qui lui a permis de ne pas déborder et d'éviter plonger dans la drogue et la délinquance : il était peut-être désobéissant et inactif à l’école, mais ça n’était pas un mauvais garçon. Mais voilà , dans la plus pure tradition du basket américain, il était nécessaire pour Glenn de passer en high school et tenter de combiner grandes études et - surtout, pour lui,- réussite sportive. C’est ainsi que, toujours dans une optique basketballistique, Glenn se mit au boulot et
commença à travailler dur pour réussir l’examen d’entrée à Proviso East High School (où est passé notamment Michael Finley), où il comptait bien débuter son développement. Bingo, après avoir vraiment découvert ce qu’était travailler,
Glenn Rivers passe le concours d’entrée avec succès et obtient le deuxième meilleur résultat de l’ensemble des candidats. Inutile de préciser que dès qu’il n’est pas en cours, Glenn se retrouve avec un ballon de basket dans les mains, à tenter de perfectionner son shoot ; enfin, façon de parler puisque le travail qu’il effectuera pendant cette période sera surtout concentrée sur
la défense et ses déplacements sur le terrain, c'est-à -dire tout ce qu’il n’a pas encore pu apprendre sérieusement jusque là . Lentement mais sûrement, les progrès de Glenn se ressentirent sur les parquets, et il devenait de plus en plus réputé pour sa défense largement au-dessus de la moyenne. Approchant de ses 18 ans, le physique du jeune homme était tout juste correct : s’il atteignait le mètre 90, c’est surtout sa silhouette qui étonnait. Pas très lourd, Glenn était franchement mince et semblait limite frêle sur le terrain… Semblait seulement, car contrairement aux apparences, dès qu’il se retrouvait face à un adversaire ou avec un ballon entre les mains, c’était un tout autre homme :
agressif, limite hargneux, les coachs appréciaient sa motivation difficilement égalable et son attitude à la fois volontaire et non-exhaustive (il arrivait facilement à contrôler ses émotions) lors des matchs. Ajoutez à cela un jump assez incroyable qui fait de lui un bon dunker :
des années high school franchement réussies, où Glenn Rivers réussit à se faire sa réputation. Sa progression lui permis de participer au fameux
McDonald’s All American Game qui rassemble les meilleurs joueurs du pays qui ont achevé leur cursus en high school.
S’en suivit une sélection pour le moins originale à l’université de Marquette, à Milwaukee, que vous connaissez déjà . Faut-il vraiment préciser qu’avec un tel buzz,
« Doc » fut accepté à l’université de Marquette où il put continuer à combiner sport de haut niveau et grandes études (en sciences politiques et en droit).
Après l’épisode qui vit la naissance de son surnom, Glenn se souvient encore :
« Pour les 3 années qui suivirent, j’étais toujours Glenn Rivers à Maywood, ma ville natale. Mais à Milwaukee, j’étais Doc ». Représentatif de la situation, le jour de la signature du garçon à Marquette University, les journaux de Milwaukee titrèrent : « Marquette accueille Doc Rivers ». A Chicago, on annonça que
« Glenn Rivers signe à Marquette ». Lui-même affirma, le lendemain de son premier entrainement dans sa nouvelle équipe :
« Après ce jour, en dehors de ma région natale, je crois que plus personne n’utilisa le mot « Glenn » pour me désigner. Même mes amis m’appelaient – et m’appellent encore – « Doc ». Franchement, ça n’était pas pour me déplaire. J’avais un surnom, qui commençait à se faire connaître, je jouais au basket et j’étais tout simplement tombé amoureux de ma nouvelle université : au début des années 80’s, rien ne semblait pouvoir me déstabiliser ».
Ses années universitaires furent une (nouvelle) réussite pour Doc Rivers.
Celui qui a signé le jour même où il est arrivé à Marquette sans même avoir visité le campus a tapé dans l’œil du coach assistant, Majerus. Le head coach,
Hank Raymonds, était considéré comme l’un des coachs les plus expérimentés du pays ; sa réputation n’était plus à faire. Au départ, il n’était pas totalement convaincu par Doc Rivers, qu’il considérait comme un joueur correct, mais ne possédant pas les qualités de basketteur nécessaires pour qu’il ait l’avenir que tout le monde lui prédisait. Glenn devait faire ses preuves rapidement pour acquérir un rôle dans sa nouvelle équipe : il y parvint très rapidement, et Hank Raymonds aura un rôle prépondérant dans le succès du jeune homme, comme l’explique l’intéressé lui-même :
« Hank m’a influencé dans énormément de domaines. En tant que joueur, il m’a montré qu’il n’y avait pas qu’un seule manière de jouer au basket. C’est complexe à expliquer, mais ayant remarqué que malgré les apparences j’avais de bonnes qualités physiques, je n’avais par exemple pas besoin de jouer rapidement et de courir partout pour aider mon équipe à gagner. Jouer juste, s’adapter à toutes les situations, voilà ce qu’il m’avait inculqué en tant que joueur».
Le meilleur souvenir que Doc Rivers garda de ses années parmi les Warriors de Marquette est sans nul doute ce match exceptionnel face aux Fighting Irish de Notre Dame, que Rivers raconte encore souvent aujourd’hui :
« C’était le 10 janvier 1981, je me souviens de ce jour car c’était de loin le plus froid de l’année. Je me souviens encore de l’équipe adverse qui avait la possession, menant d’un point à quelques poignées de secondes de la fin du match. On m’avait demandé, ainsi qu’à mon coéquipier Michael Wilson, d’effectuer une prise à 2 sur le porteur de balle. En coupant la ligne de passe, Wilson a réussi à intercepter : il m’a passé la balle, – je n’ai pas regardé le chrono car je savais que je n’avais presque plus de temps – et j’ai shooté du milieu du terrain. Lorsque la balle a quitté mes mains, j’ai tout de suite senti que le miracle était possible, et il le fut puisque mon « shoot » fit ficelle. On avait donc gagné de 2 points. Le plus incroyable dans cette histoire, c’est que j’étais tellement heureux et excité que juste après mon incroyable panier, que j’ai sprinté vers les vestiaires, pour fêter cette exceptionnelle victoire. Le seul problème, c’est que je suis resté près de 2 minutes dans le locker room sans que personne ne soit là : ils étaient tous en train de fêter ce succès sur le parquet, et je me souviens qu’en revenant vers le terrain, Wilson m’avait aidé à me hisser vers le panier pour que je puisse me mettre debout sur l’arceau. Surement mon plus beau souvenir de basketteur ».
En venant à l’université de la ville de Milwaukee, Glenn Rivers avait pour objectif principal de devenir un grand joueur de basket ; mais au milieu de son année freshman, il eut un professeur, appelé
Dr Rhodes, qui avait détecté chez lui de grandes capacités scolaires : plutôt étonnant pour Glenn qui a mis un certain temps (quelques années tout de même) avant de se mettre réellement au travail.
Mais, sérieux, il suivit les conseils de ce professeur et se rendit souvent le soir chez cet homme qui le faisait énormément lire et lui apportant une solide culture générale.
« En plus de m’avoir encouragé dans ma réussite scolaire, je pense franchement qu’il m’a apporté énormément de choses pour ma future carrière de coach. Je suis convaincu, en y repensant, que tout ce que Dr Rhodes m’a appris m’est aujourd’hui encore, peut-être plus que jamais, bénéfique ». Ces cours particuliers ont réussi à éduquer un peu plus le jeune athlète, qui avait à présent un nouvel objectif en plus du basket : celui de réussir ses études afin de décrocher, coûte que coûte, son diplôme universitaire.

A l’intersaison, alors que tout semble lui sourire, voilà qu’il est appelé dans la sélection nationale pour participer aux Championnats du Monde se déroulant en Colombie. Cette compétition est celle de Doc Rivers côté américain : si les Etats-Unis ne remportent « que » la médaille d’argent,
c’est bien Doc Rivers qui est le meilleur marqueur de son équipe. Plus incroyable encore, le voilà nommé meilleur joueur du tournoi, à seulement 21 ans. Quoi de mieux avant de débuter une dernière année universitaire ? Sensationnel mais malgré tout assez sous-médiatisé, Glenn continue pourtant sur sa lancée : après avoir terminé meilleur marqueur de Marquette avec 14 ppg en tant que freshman puis 14,3 lors de son année sophomore, il récidive l’année suivante en scorant 13,2 points de moyenne. Cette même année, fort de son expérience avec l’équipe nationale, il fut également nommé
capitaine de l’équipe : une fin en apothéose, qui accéléra la décision de Glenn. Au milieu de sa 3ème année universitaire, alors que l’ensemble des fans continuaient d’espérer une dernière saison de leur emblématique leader,
« Doc » annonce qu’il se présentera à la draft 1983. Une décision finalement logique, après des années high school réussies et un parcours universitaire sans encombre.
Malgré le succès du meneur,
beaucoup de ne le considèrent pas encore prêt pour la NBA. Il s’agit certes d’un bon défenseur, volontaire et au mental correspondant à ce qu’on peut attendre dans une telle ligue. Toutefois, on préfère souvent ne pas s’attarder sur celui qu’on connait surtout par son surnom en raison d’une
palette offensive considérée comme bien trop limitée. Les équipes recherchent surtout des meneurs de jeu avec pour points forts un bon shoot, une vision de jeu au-dessus de la moyenne et une capacité à offrir une certaine quantité de caviars à ses coéquipiers.
Glenn Rivers est polyvalent mais n’a réellement pas de point fort hors-norme dans aucune des catégories citées précédemment. C’est davantage un joueur de l’ombre au service de ses coéquipiers, qui sait s’adapter aux situations :
laisser aux scoreurs le soin de marquer les paniers, aux joueurs intelligents de faire les passes et aux pivots de prendre les rebonds ; quant à lui, il lui faut combler les lacunes pouvant exister. Voilà le rôle qu’il avait à Marquette, l’idéal-type du meneur d’homme toujours là quand il faut mais loin de sortir des performances ahurissantes. Pas vraiment le genre de rookie recherché par la NBA, c’est du moins ce que la draft 1983 montrera : les Rockets de Houston, disposant du 1er choix, sélectionnent le filiforme (2,25m pour 105kg)
Ralph Sampson, et on ne trouve aucun meneur de jeu dans le top 10 de cette sélection. Parmi les joueurs marquants, on retrouve
Byron Scott (4ème choix),
Dale Ellis (9ème),
Jeff Malone (10ème) et surtout
Clyde Drexler (15ème). Doc Rivers aura beau patienter, son nom ne sera pas prononcé au premier tour, ce qui constitue une vraie déception pour ce joueur au mental de winner.
Au second tour (31ème choix), l’ex-pensionnaire de Marquette peut enfin se lever, sélectionné par les Hawks d’Atlanta.
L’équipe de Géorgie sort d’une saison pour le moins complexe : après avoir récupéré Dominique Wilkins (qui avait été sélectionné en 3ème position par le Jazz, mais ce dernier avait refusé de signer un contrat avec l’équipe d’Utah), la franchise d’Atlanta va se baser sur le duo Roundfield / Wilkins qui scorent à eux deux plus de 36 points et prennent plus de 17 rebonds par match. Déjà gêné par les blessures, le meneur titulaire Eddie Johnson va toutefois permettre à son équipe d’atteindre les Playoffs, mais trop friable, elle s’effondre dès le premier tour face aux Celtics.

C’est donc dans cet
effectif talentueux mais encore en construction que débarque Doc Rivers, habitué à donner les conseils, à mener le jeu à sa manière, à jouer au « feeling » comme il le faisait si bien à Proviso East & Marquette. Autant dire que l’intégration ne s’annonce pas jouée d’avance, et pourtant Rivers va, une fois de plus, réussir à s’adapter mieux que personne à son nouvel environnement.
Celui qu’on continue à appeler « Doc » fait déjà preuve d’une incroyable maturité, du haut de ses 21 ans. Avant même le début de la saison, le coach Mike Fratello est déjà conquis et compte bien faire du jeune meneur un
élément indispensable au banc de son équipe. Ne s’attendant pas à débuter les rencontres, Doc est satisfait de son sort et fait le boulot demandé sans rechigner :
il le sait, pour continuer à s’intégrer à sa nouvelle équipe, il se doit de commencer par répondre aux attentes sans en attendre trop…La première saison de Doc est une réussite à tout point de vue : tout d’abord,
Doc Rivers est un rookie apprécié parmi ses nouveaux fans. Étant informé des bonnes performances du meneur en université à Milwaukee, sachant qu’il s’agit d’un jeune sérieux, talentueux et au mental de vainqueur, il sera immédiatement soutenu par le public des Hawks. De plus, Doc va rapidement comprendre à quel point le dicton « le malheur des uns fait les bonheur des autres » peut s’avérer vrai : en concurrence avec une bonne flopée de meneurs à Atlanta, il ne se déstabilise pas pour autant, sachant pertinemment qu’il débutera cantonné sur le banc, comme tout bon rookie sélectionné au second tour. Et il a bien fait, car Sly Wittman, potentiel concurrent de Rivers au même poste, se blesse dès le début de saison et ne jouera pas plus qu’une dizaine de match sur l’opus 1983-84. A la mi-saison, alors que les Hawks réalisent un début d’exercice en demi-teinte, le meneur titulaire Eddie Johnson s’embrouille quelque peu avec son staff. Saison moyenne, poursuivi par les petites blessures, il n’est pas au niveau que les fans étaient en mesure d’attendre ;
et cela contrairement à un certain Doc Rivers qui donne tout ce qu’il a dans le ventre quand il est sur le parquet. Pas flashy, des statistiques loin d’être fracassantes, mais Doc est beau à voir jouer, intelligent dans ses choix, efficace dans son jeu. Fratello tente le coup de poker, et décide de le faire dépasser au fil des matchs la barre des 20 minutes de jeu / match, jusqu'à le mettre titulaire une bonne quarantaine de matchs. Et ça semble fonctionner puisque Doc gagne encore en confiance et ses statistiques sont en hausse. Au final, la saison rookie est sans conteste une réussite, et si les chiffres ne sont pas ahurissants, ils le sont sans conteste pour un rookie issu du second tour de la draft :
9,3 points, 4 passes, 2,7 rebonds et 46,2% aux shoots. A la fois discret et polyvalent, réalisant le boulot de l’ombre tellement indispensable au bon fonctionnement de son équipe, il faut toutefois considérer un shoot à 3 points catastrophique (16%). Peu importe, Atlanta (et Doc Rivers en premier) shoote peu longue distance, et on peut difficilement reprocher quoi que ce soit à Doc qui s’entend parfaitement avec le franchise player Dominique Wilkins, qui conduira son équipe à un bilan de 40 victoires pour 42 défaites en 1984. Mais les Hawks sont éliminés de façon plutôt attendue dès le premier tour des playoffs face à une équipe que Doc connait bien, les Bucks de Milwaukee.

A côté de cette bonne saison rookie, il faut savoir que
Doc continuera à étudier pour décrocher son diplôme de droit qu’il attend depuis si longtemps. Encouragé par son professeur de Marquette, il réussira à le décrocher en 1985, à la fin de son année sophomore. Année qui aura une fois de plus permis à Doc Rivers de surprendre positivement pas mal de monde du côté des Hawks, que ça soit le staff, les coéquipiers ou les fans.
Sa complicité avec the Human Highlight Film est plus grande que jamais, et pour le garder le plus longtemps sur le terrain, Fratello n’hésite plus à faire débuter Doc Rivers et Eddie Johnson : pari gagnant puisqu’à eux deux, ils combinent 14 passes décisives par match, régalant Wilkins de leurs caviars. A chaque match,
Doc fait office de chien de garde sur l’attaquant adverse en le collant littéralement, et malgré son physique toujours assez longiligne, il reste avant tout connu pour sa défense. Malgré tout, il dépasse largement les 10 ppg pour son année sophomore (14,1 points de moyenne), et réussira à rester au-dessus de cette limite 8 saisons d’affilée. Plus qu’honnête pour un joueur qui à pour principal rôle de faire valoir ses qualités de passeur et qui est considéré à juste titre comme un des meilleurs défenseurs de la ligue.
Seulement voilà , cette saison 84-85 est un échec cuisant puisqu’Atlanta ne s’impose que 34 fois et ne se qualifie pas pour les phases finales.Débute alors la grande période des Hawks dans les années 80 :
pendant 3 saisons consécutives, les Hawks connaitront une période faste, des saisons régulières de haute volée qui débute donc en octobre 1985, à l’aube de la 3ème saison de Doc Rivers.
Une période qui commence finalement assez mal pour ce dernier, qui débute la saison assez fatigué par ces 2 premières années passées dans la grande ligue et surtout
affaibli, touché par quelques pépins physiques (problèmes au genou droit notamment). Mais le fait de ne jouer qu'à peine plus de la moitié des matchs ne le déstabilisera pas pour autant. Sil marquera un peu moins de points, il distribue davantage de passes décisives (plus de 8,5) et gardera cette même incroyable efficacité dès qu’il est sur le terrain. De plus, jouer dans le 5 de départ est devenu une habitude pour lui :
c’est devenu le vrai meneur titulaire de cette équipe, dépassant un Johnson plus en difficulté que jamais. Au final, grâce à Wilkins qui réalise l’une de ses meilleures saisons en terminant meilleur marqueur de la ligue, les Hawks se qualifient facilement pour les Playoffs mais réussiront cette fois-ci à passer le 1er tour...avant d'être éliminés face aux futurs champions, les Celtics.
Un an plus tard, les Hawks auront réalisé une saison presque identique à la précédente, avec une saison régulière encore plus réussie et surtout
un Doc au sommet de son art pour sa 4ème saison NBA puisqu’il réalise un double-double de moyenne : 12,8 points et 10 passes. Lors de cette même année, Doc jouera l’ensemble des 82 matchs et en débutera autant dans le 5 majeur,
une consécration pour ce joueur qui n’oublie pas qu’il est issu du second tour de la draft. Toujours aussi apprécié dans son équipe, Rivers n’arrivera toutefois pas à dépasser le deuxième tour des playoffs,
échouant aux portes des finales de conférence, une fois de plus.
Il en sera de même l’opus suivant, qui constitue le sommet du succès de l’équipe d’Atlanta.
Jamais le duo Doc Rivers / Dominique Wilkins n’aura été aussi incroyable, les deux joueurs combinant 45 points, 11 rebonds et 14 passes de moyenne. Lors des Playoffs 1988, et d’un match contre les Celtics, Doc va égaler le record de passes décisives réalisés dans une mi-temps d’un match de Playoffs avec 15 unités, mais cela n’empêchera pas son équipe de sortir de la compétition plus tôt qu’ils ne l’espéraient. Ayant à présent acquis une certaine réputation et une expérience du monde de la grande ligue, Doc fait savoir son mécontentement à l’intersaison 1988,
sachant pertinemment que la chance de son équipe est peut-être déjà passée au à terme de ces 3 années fastes mais toujours décevantes au final. A 26 ans, Doc décide toutefois de poursuivre l’aventure en Géorgie, en espérant que sa complicité avec Wilkins et l’arrivée de quelques autres bons joueurs réussiront à donner un statut supérieur à son équipe. Ainsi, lorsque
Moses Malone et
Reggie Theus signent à Atlanta en 1988, il semble que le numéro 25 a bien fait de rester encore un peu parmi les Hawks. Si les 2 dernières recrues ont dépassé la trentaine, ils vont toutefois, avec Rivers et Wilkins, former un quatuor impressionnant,
scorant les ¾ des points de l’équipe et conduisant leurs coéquipiers vers une nouvelle grande saison régulière, marquée également par la sélection de Doc au All Star Game 1988.

Du haut de leurs 52 victoires,
leur chute inattendue lors des Playoffs 1989 face aux Bucks n’en est que plus dure. Reggie Theus quitta immédiatement le club, trop déçu d’avoir échoué à ce stade et désireux de changer d’air pour finir sa carrière. Doc Rivers, quant à lui, eut de nouveaux problèmes au genou droit et manqua à nouveau la moitié des matchs de la saison suivante, voyant ses statistiques chuter.
Cette année-là , les Hawks n’iront même pas en Playoffs.Se refusant à abandonner, Rivers va réussir à rebondir pour ce qui sera sa dernière saison à Atlanta en scorant
plus de 15 points par match. Seulement, on sent une certaine frustration chez Doc, plus que déçu d’échouer à chaque fois à l’orée des phases finales :
moins collectif, il dépasse à peine les 4 passes de moyenne alors que son temps de jeu ne fait qu’augmenter et que sa blessure semble le laisser enfin tranquille. Avec Wilkins, aidés par le charismatique Spud Webb, ils réaliseront une nouvelle saison correcte. Avant même les Playoffs, tout semble montrer qu’en cas de nouvelle désillusion, Rivers quittera Atlanta, ce que les fans craignent : Doc reste un joueur apprécié par son leadership et sa mentalité, toujours au service de l’équipe.
Mais face aux Pistons, l’élimination au 1er tour en 1991 est celle de trop, et Doc Rivers décide de changer d’air.
Il quitte ainsi les Hawks, avec qui il aura passé 8 grandes années sans toutefois connaitre aucune récompense collective.
Il restera dans les mémoires des fans comme le meilleur passeur du club sur une saison (823 en 1986-87), ou tout simplement comme le plus grand passeur de l’histoire d’Atlanta avec 3886 caviars.
Doc va opter pour le grand changement en allant jouer de l’autre côté des Etats-Unis, chez les Clippers de Los Angeles, qui sort d’une saison très difficile. Rivers réussira malgré tout à conserver une certaine joie de jouer,
même si on sent bien qu’à 30 ans, les plus belles années du meneur sont derrières lui, à Atlanta. Qu’importe, grâce à l’explosion de Danny Manning, les Clippers réalisent une saison surprenante : Doc Rivers y joue un rôle non négligeable mais est
loin d’être aussi important qu’à Atlanta. Il faut dire que ses problèmes au genou continuent à le gêner et le font manquer une vingtaine de matchs, ce qui ne l’empêche pas de marquer toujours un peu plus de 10 points et d’offrir 4 passes de moyenne. Fort de leur bonne saison régulière, les Clippers participent ainsi aux Playoffs 1992, et rencontrent au premier tour le Jazz de Malone & Stockton. Titulaire lors des 5 matchs de cette série, Doc Rivers y jouera l’un de ses meilleurs basket,
revigoré par la pression des Playoffs et désireux de créer l’exploit face à Utah. Si ils se présenteront impuissants au 2 premiers matchs, les joueurs de Los Angeles réussiront à s’imposer aux 2 confrontations suivantes. Doc Rivers, à plus de 15 points et 4 passes sur la série, mène son équipe comme rarement il l’a fait : mais le match 5 décisif tourne à l’avantage d’Utah
malgré un Rivers impressionnant en défense comme sur les phases offensives, tenant largement tête à John Stockton.

Le sentiment d’être passé à côté de quelque chose de grand se fait à nouveau sentir chez Doc Rivers. Rongé par la frustration, il sait que plus les années avancent, plus il laisse passer sa chance de gagner un jour un titre.
Dans le mĂŞme temps, Ă New York, le coach des Knicks
Pat Riley a depuis longtemps un œil sur Doc Rivers. Connu pour sa défense, pour sa rapide adaptation aux différents styles de jeu, c’est tout à fait ce dont il a besoin pour son équipe. A la mi-saison 1992, il décide donc de faire appel à l’expérimenté meneur pour équilibrer son backourt qu’il considère comme
« immature », dont fait pourtant partie John Starks. Et c’est ainsi qu’après une courte année à L.A., Doc Rivers traverse à nouveau les Etats-Unis pour rejoindre Big Apple.
Et pour sa première saison avec Ewing & cie, Doc va réaliser une saison plus que correcte, se focalisant à nouveau davantage sur le collectif puisqu’avec un temps de jeu bien inférieur à celui qu’il avait aux Clippers, il réussit à passer au dessus de la barre des 5 passes de moyenne. Combinez cela à 8 ppg, et Rivers peut s’affirmer heureux d’avoir rempli le contrat dans une des meilleures équipes de la NBA, atteignant les 60 victoires à la fin de la saison régulière. Encore une fois en Playoffs, Doc réussit, à l’image des grands joueurs, à hausser encore un peu son niveau de jeu, atteignant les 10 points/6 passes de moyenne : les 2 premiers tours sont des formalités, et si Doc n’y joue jamais un rôle décisif (n’a que très rarement le ballon dans le money time si ce n’est pour passer le milieu du terrain), sa présence est indispensable à New York. En finale de conférence, le choc tant attendu entre les Knicks et les Bulls a lieu : Riley face à Jackson, Jordan face à Ewing,
des finales plutôt glamour qui vont passionner les Etats-Unis. Comme dans tout ces types de match, le rôle de Doc est simple : tout donner en défense, et tenter de se faire oublier en attaque lorsqu’il n’a pas la balle pour prendre les shoots ouverts ou offrir la passe à Ewing et consort. Et la tension est bien présente puisqu’au bout des 4 premières confrontations, les deux équipes sont à égalité. Mais les Bulls et Jordan sont tout simplement au-dessus, et le montrent bien en s’imposant aux matchs 5 et 6, achevant ainsi leur premier Three-Peat des 90's.
Rivers garde espoir, connaissant pertinemment le potentiel de sa nouvelle équipe. La saison 1993-94 commence bien : Riley fait confiance à Doc, le mettant titulaire. Mais voilà ,
après 19 matchs tout justes corrects de la part du meneur de 32 ans, le voilà qu’il se fait une entorse des ligaments du genou gauche :
pour lui, la saison est terminée. Et c’est du banc, en habit de ville, qu’il verra son équipe aller jusqu’en finales NBA, qu’ils perdent au bout de 7 très gros matchs face aux Rockets.
La déception est terrible, et il pense à arrêter sa carrière pendant l’intersaison. La passion pour le sport reprenant vite le dessus, les rumeurs de transferts de l’expérimenté Doc vont alors pleuvoir, mais l’intéressé va finalement affirmer dans le New York Daily News, son attachement à l’équipe des Knicks :
« Je les ai vu jouer sans moi la saison dernière, et je savais, depuis mon siège, que ma place était sur le terrain, parmi eux. Je sais que j’aurai pu les aider, je pense même que j’aurai pu faire la différence en finales, étant donné que ça s’est joué sur des détails. Donc maintenant, pourquoi partirai-je ? Après cela ne dépend pas de moi, business is business, je verrai bien l’évolution de la situation ; quoi qu’il en soit, pour ma part, je concentre toute mon énergie sur mon retour parmi les Knicks de New York, rien d’autre ». Malgré son âge et sa grave blessure, Rivers reste persuadé qu’il peut jouer un rôle prépondérant dans son équipe.

Les Knicks recevront à l’intersaison 6 offres pour Doc Rivers, toutes rejetées par le staff de New York.
Toutes, sauf une, celle des Spurs, sur laquelle ils hésiteront longtemps. Ainsi, quand la saison 1995 débute, Rivers n’est toujours pas revenu parmi les siens : il le fera au bout d’une vingtaine de matchs où il ne fera pas partie de la rotation, jouera 3 matchs avec des statistiques moyennes… et annoncera finalement son désir de rejoindre la franchise texane.
« A la fin du match [le 3ème match de la saison parmi les Knicks],
je ne me sentais franchement pas très bien ; je savais que j’avais mal joué. Je me suis alors demandé : pourquoi est-ce que je joue encore au basket ? La réponse était toute simple : pour essayer de gagner. Je veux gagner un titre. Et c’est parmi les Spurs que je crois avoir le plus de chance d’accomplir cela ».
C'est ainsi que Rivers rejoint les Spurs de Robinson, renforcés récemment par Dennis Rodman.
Jamais titulaire, Doc a des statistiques franchement mauvaises et un temps de jeu limité, le poste de meneur étant monopolisé par Avery Johnson. En 1995, les Spurs échouent en Finales de conférence : Doc Rivers a pu davantage s’exprimer sur le terrain en Playoffs, mais son pourcentage aux tirs, largement inférieur à 40%, fait de lui un joueur uniquement défenseur, sur la pente clairement descendante. La saison suivante n’est pas mieux. 4 points par match, moins de 2 passes de moyenne. En playoffs, alors que les Spurs passeront le premier tour, Doc jouera 2 matchs en passant au total moins de 20 minutes sur le terrain et scorant 3 points.
Quelques jours après l’élimination des Spurs et après 13 saisons NBA, Doc Rivers décide de se retirer des parquets pour prendre sa retraite sportive.
Mais pas de repos, Rivers décide de ne pas s’éloigner du monde du basket et devient ainsi en 1996 un
consultant NBA pour Turner Sports, travaillant également pour la chaine locale des Spurs,
en tant que commentateur. S’il apprécie son nouveau travail, le fait de ne pas vivre dans le monde même du basket le gêne, cela lui manque terriblement, et il fait savoir, alors même qu’il commente un match à la télévision, son souhait d’être un jour coach ou General Manager d’une équipe NBA.
La suite est déjà plus connue : alors que les Wizards et les Bucks lui proposaient un poste de General Manager, Doc Rivers accepta l’offre du Magic d’Orlando, et
devint coach de l’équipe floridienne en 1999. Fidèle à sa mentalité, il accepte le job le plus difficile qui lui était proposé, le Magic étant loin d’être la meilleure équipe de la ligue et le métier de coach étant complexe, alors qu’il était encore joueur 3 ans plus tôt. Surtout, avant que Rivers n’arrive à la tête d’Orlando, l’équipe venait de perdre 4 des 5 starters de l’année précédente (Penny Hardaway, Nick Anderson, Isaac Austin et Horace Grant). La plupart des analystes s’accordent sur le fait que
le Magic va vivre l’une des pires saisons de sa courte histoire, avec un coach rookie et une équipe chamboulée. Au contraire, Doc Rivers gèrera cela d’une main de maître.
John Gabriel, le GM du Magic cette année-là , affirmera :
« Doc Rivers n’a pas été le coach traditionnel, qui, lors de sa 1ère année à la tête d’une équipe, regarde premièrement sa façon de jouer, la mentalité des gars, en leur laissant une certaine liberté. Comme ça, l’équipe aurait touché le fond. Non, jamais Doc n’a relâché son travail, jamais il n’a lâché les rênes, toujours présent, toujours plus intelligent : c’est risqué, quand une équipe comme cela est en pleine construction. Je pensais qu’on allait vivre une année de transition : grâce à Doc, ce fut une année pleine de réussite. L’architecte du Magic d’aujourd’hui s’appelle Doc Rivers, il a été le ciment dans le processus de construction et de développement de cette équipe».
Pour tout son travail,
Doc Rivers est logiquement nommé Coach Of the Year pour cette saison 1999-2000 alors que son équipe n'est même pas qualifiée en Playoffs, mais en ayant emmené son équipe à un bilan inespéré de 41-41. Restant encore 4 ans au même poste, Doc est un coach dans l’ensemble apprécié, sa première saison en tant que coach restant plus que toutes les autres dans les mémoires. N’arrivant jamais à faire passer le premier tour des Playoffs à son équipe,
Doc est viré au bout de 12 matchs de la saison 2003-2004, incapable de trouver la solution pour faire du Magic plus que de simples outsiders.
Sans club mais consultant pour ABC et en contact avec de nombreuses franchises, Doc Rivers est honoré début 2004 : l’université de Marquette décide de logiquement lui rendre hommage le 14 février
en retirant son numéro 31. Une cérémonie émouvante et une salle comble qui n’oublie pas que si Glenn n’était pas passé chez eux, jamais on ne le connaitrait sous le surnom de
« Doc ».

Aujourd’hui, Doc Rivers a eu son titre, avec les Celtics de Boston il y a de cela un an. Après avoir essuyé de nombreuses critiques pendant 3 années difficiles de 2004 à 2007, la formation du Big 3 dans son équipe lui a permis d’obtenir enfin et à nouveau la reconnaissance que ce travailleur acharné mérite tant.
Car si ses choix ont pu être critiqués, le 16ème coach de l’histoire du club en connait quelque chose niveau basket. 13 grandes années en NBA, figure de proue des Hawks, défenseur émérite et leader reconnu, Doc n’a jamais reçu la moindre récompense en tant que joueur, ni collective ni individuelle, si ce n’est une sélection au All Star Game en 1988. Aujourd’hui, Glenn est père de 4 enfants à l’avenir brillant : le cadet,
Jeremiah, a joué pour Georgetown et évolue actuellement à Indiana University ;
Callie, sa fille, joue à l’université de Floride… mais en volley-ball ; et surtout
Austin, un micro-meneur ultra-prometteur qui évolue à l’université de Floride et dont on risque bientôt entendre parler puisqu’il compte se présenter à la draft 2011 (à voir
ici). Dès qu’il le peut, Doc et sa femme Kris voyagent dans tout l’Est du pays pour aller voir régulièrement leurs enfants jouer.
« Toute ma vie, ce que j’ai fait m’a plu. C’était ce que je voulais devenir, depuis tout petit. Joueur, entraineur, aimer mon travailler et être avec ma famille : depuis le jour où on m’a dit que j’en étais capable, j’y ai cru. Aujourd’hui, je peux le dire, j’ai réussi ma vie. Enfin, ma carrière est loin d’être terminée : je suis tellement passionné par ce que je fais que je n’ai aucunement envie de m’arrêter en si bon chemin. De toute façon, plus il y a de pression et de compétition, plus je me sens bien. Je le disais à mes coéquipiers en high school, à l’université et en NBA. Je le dis aujourd’hui à mes joueurs. Dans chaque compétition, il y a un vainqueur et un perdant. Pourquoi ne pas tout donner pour être le vainqueur ? »